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Il s’appelait Omar Tahir. Il avait 30 ans, une femme et deux enfants. Ce demandeur d’asile, qui aurait passé deux ans dans les geôles tchadiennes, accusé par le pouvoir en place d’appartenir à un groupe de rebelles, avait la double nationalité tchadienne et soudanaise. D’une santé fragile, il a été retrouvé mort dans la tente qui lui servait d’abri, devant une cabane construite de bric et de broc, à l’extérieur du gymnase mais dans l’enceinte du site, le jeudi 3 octobre au petit matin. La veille, il s’était plaint de douleurs au ventre. L’autopsie a révélé qu’il était décédé au milieu de la nuit d’un syndrome asphyxique. Certains, dans le quartier, n’hésitent pas à évoquer « le mort qui a tout changé : sans ce décès, qui sait si la préfecture aurait bougé ? Même la justice ne l’avait pas fait plier… ». Pourtant, la décision de fermer le gymnase avait apparemment été actée quelques jours avant la disparition d’Omar Tahir. Cinq jours avant, précise même un porte-parole du diocèse. Mais la mort du jeune migrant a vraisemblablement accéléré la mise en place du dispositif d’évacuation.